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Supprimer les CEE : qui le propose, pourquoi, et ce que ça changerait pour les pros

RN, LR, Reconquête : plusieurs candidats à 2027 veulent supprimer ou suspendre les CEE. Arguments, chiffres et conséquences pour la rénovation énergétique.

6 min de lecture

Publié par La rédaction ila26

À quelques mois de la présidentielle de 2027, les certificats d'économies d'énergie (CEE) sont devenus un sujet de campagne. Face à la hausse des prix des carburants, plusieurs responsables politiques proposent de les supprimer ou de les suspendre. D'autres défendent un dispositif qui finance une grande partie des travaux de rénovation énergétique. Voici qui propose quoi, avec quels arguments, et ce que cela changerait concrètement pour les professionnels.

Qui veut supprimer les CEE ?

  • Le Rassemblement national. Lors d'un meeting à Mâcon le 1er mai 2026, Jordan Bardella a annoncé la fin des CEE en cas de victoire à la présidentielle. Il s'appuie notamment sur les critiques de la Cour des comptes sur le coût et l'opacité du dispositif. Le RN réclame aussi depuis plusieurs mois une baisse de la TVA sur l'énergie à 5,5 %.

  • Les Républicains. Le 28 avril 2026, Anne-Laure Blin et dix autres députés du groupe Droite républicaine ont déposé une proposition de loi pour abroger le dispositif. Le 16 septembre 2026, Bruno Retailleau a proposé à son tour de supprimer les CEE, qu'il qualifie de « taxe cachée et opaque ».

  • D'autres responsables politiques, comme Sarah Knafo pour Reconquête ou le maire de Cannes David Lisnard, ont également défendu leur suppression.

À côté de ces appels à la suppression, d'autres voix demandent une suspension temporaire. Mi-avril 2026, des distributeurs de carburants ont proposé de suspendre la collecte des CEE. Michel-Édouard Leclerc a demandé une pause sur la part appliquée aux énergies fossiles, tout en s'opposant à une suppression définitive.

Pourquoi le sujet revient maintenant

Trois raisons expliquent ce retour dans le débat :

  • La hausse des prix des carburants, qui pousse les candidats à chercher des leviers rapides sur le pouvoir d'achat.

  • La montée en puissance du dispositif. La sixième période (2026-2030) relève d'environ 27 % l'obligation des fournisseurs. L'enveloppe passe de 6 milliards d'euros en 2025 à plus de 8 milliards en 2026.

  • Les critiques de la Cour des comptes, qui a rappelé que ce coût est répercuté sur les factures et le prix à la pompe, et appelé à envisager la suppression des CEE ou à mener des réformes structurelles : simplification, meilleures garanties d'efficacité et lutte renforcée contre la fraude.

Ce que répondent le gouvernement et les défenseurs du dispositif

Le gouvernement a écarté la piste. La ministre chargée de l'Énergie a rappelé que les CEE sont le premier levier pour électrifier les usages et réduire la dépendance des ménages aux énergies fossiles. Le ministre du Commerce et du Pouvoir d'achat, Serge Papin, a jugé qu'il y avait « un côté démagogique » à réclamer leur disparition.

Les acteurs de la filière avancent deux arguments principaux :

  • Le principe du « pollueur-payeur ». Créés en 2005, les CEE obligent les vendeurs d'énergie (électricité, gaz, carburants) à financer des économies d'énergie chez leurs clients.

  • Le poids des CEE dans la rénovation. Le dispositif finance une part croissante des aides. Pour la rénovation d'ampleur, le gouvernement a annoncé en 2025 vouloir porter la part financée par les CEE de 30 % à 60 %.

Pour certains acteurs, comme Effy, une suspension « temporaire » reviendrait en pratique à une suppression qui ne dit pas son nom.

Ce qu'une suppression changerait concrètement

  • À la pompe : le gain serait d'environ 15 à 17 centimes par litre, soit un peu plus de 8 € pour un plein de 50 litres, selon les estimations reprises dans le débat.

  • Pour les ménages qui rénovent : les primes CEE disparaîtraient. Sur une isolation ou un changement de chauffage, c'est souvent l'aide qui rend le projet finançable.

  • Pour les professionnels : installateurs, mandataires et délégataires perdraient la source de financement de leurs opérations, avec des conséquences directes sur les volumes de chantiers et les emplois de la filière.

  • Sur le plan juridique : une suppression demanderait une loi, puis des textes d'application pour solder les obligations en cours.

Ce que les pros doivent retenir aujourd'hui

Rien ne change pour l'instant. Le dispositif est en vigueur pour toute la sixième période, du 1er janvier 2026 au 31 décembre 2030. Aucune proposition de suppression n'a été adoptée, et une remise en cause passerait par un vote au Parlement.

En revanche, l'incertitude politique est réelle à l'approche de 2027. Elle pèse sur la visibilité des entreprises et sur les décisions d'investissement. Les prochains mois de campagne seront à suivre de près.

L'avis de Lionel Causse, député des Landes

Pour éclairer ce débat, Yaniv Azencot a interrogé Lionel Causse, député des Landes et président de Stop Fraudes, lors du salon Renodays. Le député suit de près le dispositif : en 2025, il avait notamment demandé au gouvernement une certification des entreprises bénéficiaires des CEE et un délai de transition pour protéger les emplois face à la suppression de fiches.

Faut-il supprimer les certificats d'économies d'énergie ? Sa réponse est à retrouver sur notre chaîne ila26 TV.

Regarder l'interview de Lionel Causse sur ila26 TV

Questions fréquentes

Les CEE vont-ils être supprimés ?

Qui propose de supprimer les CEE ?

Combien les CEE pèsent-ils sur un plein de carburant ?

Que deviendraient les primes CEE en cas de suppression ?

Où voir l'avis de Lionel Causse sur la suppression des CEE ?

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